La bronchiolite revient chaque hiver. Elle touche surtout les bébés de moins de 2 ans. Près de 30 % des nourrissons sont concernés chaque saison en France. Cela représente environ 480 000 cas par an et fait de la bronchiolite l’une des premières causes d’admission aux urgences pédiatriques en période hivernale. Santé Publique France
Même si la plupart des enfants guérissent sans complication, certains nourrissons, surtout les plus jeunes ou fragiles, peuvent avoir besoin d’une hospitalisation avec oxygène. Chaque année, 2 à 3 % des bébés de moins d’un an sont hospitalisés pour une forme sévère. vaccination-info-service.fr
Dans ce guide, nous répondons à trois questions essentielles pour les équipes petite enfance et les parents :
- Comment reconnaître les signes d’alerte ?
- Quand faut-il consulter en urgence ?
- Que peut-on faire, concrètement, pour prévenir ?

1. Qu’est-ce que la bronchiolite ?
Une infection virale des petites bronches
La bronchiolite est une infection virale des petites voies respiratoires (les bronchioles). Le principal responsable est le virus respiratoire syncytial (VRS).
Le VRS irrite puis enflamme les bronchioles. Les parois gonflent, du mucus s’accumule. Le passage de l’air devient difficile. Résultat : l’enfant siffle, respire vite et se fatigue.
Même si le VRS est le plus fréquent, d’autres virus peuvent donner le même tableau : rhinovirus, grippe, parainfluenza, adénovirus. Tous se transmettent très facilement par les gouttelettes (toux, éternuement) ou les mains qui touchent le nez puis une surface. Les jouets, les tétines partagées, les tables à langer sont donc des vecteurs possibles.
Important à retenir :
La bronchiolite est très contagieuse et circule surtout entre l’automne et la fin de l’hiver, avec un pic entre novembre et décembre.
🔎 Bon à savoir
Depuis la pandémie de COVID-19, le calendrier des épidémies a changé. Certaines saisons ont démarré plus tôt (dès octobre) et duré plus longtemps que la moyenne historique.
Les services pédiatriques peuvent alors être saturés, car ils doivent gérer en même temps bronchiolite, grippe et COVID-19.
2. Comment reconnaître les symptômes de la bronchiolite ?
Les premiers signes : ça ressemble à un gros rhume
Au début, la bronchiolite peut passer inaperçue. Les premiers signes sont souvent modestes :
- nez bouché ou qui coule,
- toux légère,
- petite fièvre,
- bébé un peu grognon, qui dort moins bien.
À ce stade, on peut facilement confondre avec un simple rhume. C’est la suite qui compte.
Les signes respiratoires à surveiller de près
Lorsque l’inflammation progresse, l’enfant peut avoir :
- une respiration rapide et sifflante, parfois décrite comme un petit sifflement musical à l’expiration ;
- un tirage : on voit les creux entre les côtes se creuser à l’inspiration ;
- un battement des ailes du nez : les narines s’ouvrent très largement pour “aller chercher” de l’air ;
- un balancement thoraco-abdominal (le ventre monte pendant que la poitrine s’enfonce) ;
- une difficulté à boire, à téter, à terminer un biberon ;
- une grande fatigue ou au contraire une agitation inhabituelle.
Dans certains cas, on peut entendre :
- un stridor : bruit aigu à l’inspiration, qui évoque une obstruction haute ;
- un wheezing (ou sibilants) : bruit sifflant à l’expiration, typique d’une obstruction bronchique.
Ces signes sont des alertes. Ils signifient que l’enfant lutte pour respirer.
“Si un nourrisson respire vite, siffle, peine à boire ou semble épuisé, il faut appeler le 15 (Samu) sans attendre.”
Quand consulter en urgence ?
On doit demander un avis médical rapide si :
- le bébé a moins de 2 mois,
- l’enfant refuse de s’alimenter ou vomit tout,
- les lèvres deviennent bleuâtres ou grises,
- l’enfant devient somnolent, difficile à réveiller, ou au contraire très agité.
Pour les professionnel·le·s en structure d’accueil, la règle doit être claire :
“Détresse respiratoire suspectée = on ne négocie pas, on appelle le 15.”
3. Quels enfants sont les plus à risque de forme sévère ?
Tous les bébés peuvent avoir une bronchiolite. Mais certains profils sont plus fragiles et risquent une hospitalisation.
Les nourrissons les plus vulnérables
Les plus à risque sont notamment :
- les nouveau-nés et les bébés de moins de 2 mois,
- les enfants nés prématurément,
- les bébés porteurs d’une cardiopathie ou d’une maladie pulmonaire chronique,
- les enfants avec une immunité fragile.
Chez eux, une bronchiolite peut évoluer très vite vers une détresse respiratoire. Une surveillance rapprochée est donc indispensable.
Des facteurs environnementaux jouent aussi
Le risque augmente aussi si :
- l’enfant est exposé à la fumée de tabac,
- il fréquente une collectivité (crèche, fratrie scolarisée),
- le logement est peu aéré,
- c’est l’hiver (tout le monde vit davantage en espace clos).
“Limiter le tabac et aérer les pièces reste l’un des gestes les plus efficaces pour protéger les tout-petits.”
💡 Conseil prévention
“Lavez-vous les mains en arrivant, gardez votre enfant à la maison en cas de fièvre ou de grosse toux, et évitez d’embrasser les nourrissons sur le visage si vous êtes enrhumé·e.”
Ces petits gestes réduisent la circulation du VRS en crèche. Santé Publique France

4. Quels sont les traitements ?
À la maison : du soutien, pas d’antibiotiques
La bronchiolite est presque toujours virale. Les antibiotiques ne servent donc pas, sauf complication bactérienne associée (otite, surinfection).
Pour la majorité des enfants, la prise en charge est dite “de soutien” :
- lavage du nez avec du sérum physiologique, surtout avant les repas et avant le sommeil ;
- hydratation régulière, petites quantités mais souvent ;
- position légèrement surélevée quand l’enfant est éveillé (jamais de coussin libre dans le lit, bien sûr) ;
- paracétamol possible contre la fièvre si avis médical.
👉 Objectif : aider l’enfant à respirer et à boire.
À l’hôpital : oxygène et surveillance
Une hospitalisation peut être nécessaire si l’enfant s’épuise, ne boit plus ou manque d’oxygène. Dans ce cas :
- surveillance respiratoire rapprochée,
- oxygène humidifié,
- parfois aide à la nutrition (sonde ou perfusion),
- dans les cas sévères, assistance ventilatoire.
Les équipes pédiatriques sont habituées à ce protocole. C’est un point rassurant à transmettre aux familles :
“L’objectif de l’hôpital est d’oxygéner, hydrater, et laisser les bronches se calmer.”
🩺 Message rassurant pour les parents
“La grande majorité des bébés guérissent complètement de la bronchiolite, sans séquelle durable.”
5. Peut-on prévenir la bronchiolite ?
Bonne nouvelle : OUI, on progresse.
Les gestes barrières du quotidien
Ils restent essentiels, surtout en crèche et à la maison :
- se laver les mains à l’eau et au savon pendant au moins 20 secondes avant chaque change, repas ou soin ;
- utiliser un mouchoir à usage unique pour la toux / l’éternuement, puis le jeter ;
- nettoyer très régulièrement les plans de change, poignées de porte, jouets partagés ;
- aérer plusieurs fois par jour, même en hiver.
“Un lavage de mains régulier reste la première barrière contre la bronchiolite.”
Protéger les bébés les plus fragiles
Depuis 2023-2024, la France propose une protection spécifique contre le VRS aux nouveau-nés les plus exposés. On parle soit d’immunisation par anticorps monoclonal (nirsevimab, aussi appelé Beyfortus), soit de vaccination maternelle en fin de grossesse pour transmettre des anticorps au bébé dès la naissance.
Ces stratégies ont déjà permis d’éviter des milliers d’hospitalisations de nourrissons et ont réduit de façon nette les formes graves chez les bébés de moins de 2 mois.
C’est un changement majeur : pour la première fois, on peut réellement réduire le risque de bronchiolite sévère avant même les premiers symptômes.
Pour les équipes de crèche et les assistant·e·s maternel·le·s, cela veut dire une chose simple :
- demander aux familles si le bébé fait partie d’un suivi “prévention VRS”,
- encourager le dialogue avec le pédiatre ou le médecin traitant,
- rappeler que cette prévention ne remplace pas l’hygiène quotidienne.
6. Quel est l’impact global de la bronchiolite ?
Pour l’enfant
La plupart du temps, l’enfant récupère bien. Il peut rester une toux résiduelle et une sensibilité respiratoire pendant quelques semaines.
Chez certains enfants, surtout après des épisodes sévères répétés, on observe parfois des sifflements récurrents plus tard, proches de l’asthme. Les équipes médicales suivent encore ce lien, car il dépend aussi d’autres facteurs (terrain allergique, tabac, pollution).
Pour les familles (et les pros)
Quand un nourrisson a du mal à respirer, l’anxiété parentale explose. Les nuits sont courtes, les consultations se multiplient, le quotidien s’arrête.
Pour les crèches et micro-crèches, les vagues de bronchiolite signifient aussi plus d’absences, plus d’appels aux familles, plus de réassurance à fournir, parfois des tensions d’équipe si plusieurs bébés sont malades en même temps.
Pour le système de soins
Chaque hiver, la bronchiolite exerce une pression importante sur les urgences pédiatriques, les lits d’hospitalisation et les services de réanimation.
Même si les décès restent rares, la bronchiolite reste une urgence de santé publique, suivie de près par Santé publique France.
7. Que doivent retenir les pros de la petite enfance ?
1. Repérer vite les signes de gravité
- respiration rapide, sifflante ou bruyante ;
- creusement entre les côtes ;
- difficultés à boire ;
- bébé très fatigué ou “mou”.
➡ Dans le doute, on appelle le 15 et on reste auprès de l’enfant.
2. Limiter la transmission en collectivité
- lavage des mains systématique,
- aération régulière,
- pas d’accueil d’un enfant franchement fébrile / très encombré,
- information claire aux parents.
3. Se former aux gestes d’urgence pédiatriques
Savoir reconnaître une détresse respiratoire et rassurer un parent, ça ne s’improvise pas.
Former l’équipe aux gestes de premiers secours pédiatriques et à la conduite à tenir face à une gêne respiratoire aiguë, c’est protéger les enfants mais aussi protéger l’équipe.
“Une équipe formée réagit plus vite, plus calmement et sauve des minutes précieuses.”
vigilance, prévention, formation
La bronchiolite est fréquente, contagieuse et parfois impressionnante. Elle est due le plus souvent au VRS et touche surtout les bébés de moins de 2 ans, avec un pic en hiver.
La majorité des enfants guérissent avec des soins de soutien. Pourtant, certains nourrissons peuvent basculer rapidement vers une détresse respiratoire.
C’est pourquoi :
- repérer les signes de difficulté respiratoire doit devenir un réflexe ;
- appeler le 15 ne doit jamais être perçu comme “exagérer” ;
- l’hygiène des mains, l’aération et la limitation du tabac restent des piliers simples, mais puissants ;
- les nouvelles stratégies de prévention (anticorps monoclonal, vaccination maternelle) offrent une protection supplémentaire aux plus petits.
En tant que professionnel·le de la petite enfance ou de santé, vous êtes un acteur clé de cette prévention.
Se former, c’est gagner du temps là où chaque minute compte.
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